Entre l’Europe et l’Amérique latine, Holcim cible de nouveaux eldorados

Le cimentier suisse Holcim se projette dans une croissance de ses ventes jusqu’en 2030, à hauteur de 3 % à 5 % par an en moyenne, hors effets de changes et acquisitions.
Dans un communiqué diffusé le 28 mars, le fabricant de solutions béton, ciment, granulats et produits pour toitures et façades prévoit entre 6 % et 10 % par an en moyenne sur sa marge avant intérêts et impôts. Des prévisions pour inverser la tendance baissière de son activité sur l’année 2024.
Une branche nord-américaine
Parmi ses leviers de croissance : la scission de son activité nord-américaine, annoncée en janvier 2024. Baptisée Amrize, la nouvelle branche nord-américaine de Holcim sera distinctement séparée de l’activité entière du groupe, cotée à la Bourse de New York.
L’entité table sur une croissance annuelle des ventes entre 5 % et 8 %, étalée cependant sur trois ans, jusqu’en 2028.
En Amérique latine, un potentiel « énorme »
Si l’Amérique du Nord présente un gisement d’activité important pour Holcim, l’Amérique latine présente un potentiel « énorme », pour citer Miljan Gutovic, directeur général d'Holcim. Plus précisément un marché de plus de 200 milliards de dollars - soit 185 milliards d'euros - d’ici 2030.
Précisons que la région regorge de projets d’infrastructures aussi bien « pour l’eau que pour l'énergie ou les routes, tunnels et ponts », indique M. Gutovic. L’opération renforcement en Amérique latine se confirme pour Holcim, qui y compte déjà « onze acquisitions en six ans, dont cinq » en 2024, souligne-t-il.
Curieux, quand on sait qu’il s’agit de la plus petite division d’Holcim, avec 2,9 milliards de francs suisses sur un total de 26,4 milliards de francs suisses en 2024. Cette activité demeure toutefois la plus rentable, concentrant une marge, avant intérêts et impôts, à 36 %.
Une demande de matériaux durables, profitable en Europe
En Europe, Holcim a engrangé environ 7,2 milliards de francs suisses en 2024, pour 17,8 % de marge avant intérêts et impôts.
Le cimentier fonde cependant des ambitions pour le Vieux Continent, axé sur une demande de matériaux durables, un marché en essor, notamment côté biosourcé.
Virginie Kroun (avec AFP)
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