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RGA : « Il n'y a pas une solution mais des solutions adaptées aux différents sols » (AccesSOL)

Publié le 25 mars 2025

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Face au retrait-gonflement des argiles (RGA), différentes solutions existent pour traiter les fissures sur les bâtiments. Pose de micropieux dans les fondations, injection de résine expansive, agrafage, gestion hydrique des sols… Le point sur ces techniques avec Ahmed Akaaboun, président du groupe AccesSOL, spécialisé dans la reprise en sous-œuvre.
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Parmi les sinistres les plus fréquents en France métropolitaine, le phénomène de retrait-gonflement des argiles (dit « RGA ») concernerait plus de 10 millions de maisons dans l’Hexagone, soit près d’une maison sur deux.

L’alternance de fortes pluies et de sécheresse sur des sols argileux peut être à l’origine d’importantes fissures sur les maisons exposées.

Face à ce phénomène croissant, accentué par le dérèglement climatique, certaines entreprises se spécialisent dans les traitements curatifs de ces fissures. C’est le cas du groupe AccesSOL, né du rachat de l’entreprise Sol Structure par l’entreprise AccesBTP en octobre 2024.

Aujourd’hui, le groupe AccesSOL, dirigé par Ahmed Akaaboun, compte près de 400 salariés, dont 70 équipes de reprise en sous-œuvre. « On devrait dépasser les 90 équipes d’ici la fin de l’année 2025 », nous précise son président. « En termes de chiffres d’affaires, on avoisine les 80 millions d’euros », ajoute-t-il.

AccesSOL intervient dans toute la France métropolitaine et s’appuie sur six agences réparties dans trois grandes régions que sont le Nord/Nord-Est, le Sud-Est, et l’Ouest/Sud-Ouest.

 

Un bureau d’études en interne pour traiter les dossiers au cas par cas

 

« Nous avons l'intégralité des métiers en interne, avec les différentes méthodologies possibles qui existent en reprise en sous-oeuvre. Aujourd'hui, on est le seul groupe français qui a cette capacité à intervenir sur les différents métiers », souligne le président d’AccesSOL.

« Nous sommes agréés par les compagnies d'assurance et on intervient dans le cadre de catastrophes naturelles, sécheresses, pour le compte de nos demandants qui sont les assureurs. Mais les clients finaux restent les particuliers », précise-t-il.

Le groupe s’appuie notamment sur l’expertise de son propre bureau d’études. « Le bureau d'études, c'est ce qui permet de faire les études de sol en amont du dossier. Cela nous permet d'avoir des ingénieurs en interne pour pouvoir réfléchir au bon mode réparatoire, au calcul, apporter la bonne solution technique et le bon mode réparatoire. L'intérêt du bureau d'études, c'est que cela nous permet d'avoir l'analyse, et après, pendant l'exécution, de pouvoir avoir un support sur les problématiques techniques que l’on peut rencontrer. C’est vraiment notre force », estime Ahmed Akaaboun.

 

Micropieux, résine, gestion hydrique des sols… les différentes solutions

 

Interrogé sur les solutions les plus fréquemment utilisées pour traiter les fissures, le président d’AccesSOL nous détaille les différentes techniques : « On a la méthode du micropieu, qui est la méthode la plus connue et reconnue, et je dirais la plus historique. On a l'injection de résine pour stabiliser, qui est une méthode moins invasive et moins coûteuse, mais qui ne fonctionne pas dans tous les sols, contrairement aux micropieux ».

Pose de micropieux. Crédit photo : AccesSOL

Comment fonctionne concrètement l’injection de résine expansive ? « La résine, c'est vraiment une méthodologie qui est novatrice. Moi, je dis que c'est un peu le béton 2.0. L'avantage de la résine, c'est que c'est un produit qui a un bicomposant polymère. Nous, nous avons des camions-ateliers, donc c'est très spécifique, très technique. Mais il faut évidemment qu'en amont il y ait une étude de sol qui soit faite. Il faut que les caractéristiques de sol permettent à la résine de pouvoir fonctionner, que l'ouvrage le permette également ».

« Une fois qu'on a étudié tous ces éléments avec notre bureau d'études interne, on peut préconiser une injection de résine. Le mélange des deux produits fait que la résine va devenir expansive. Donc on l'injecte dans le sol à différents niveaux de profondeur. En intégrant le sol, cette résine-là va gonfler », poursuit-il. Et de souligner : « On a des résines qui peuvent avoir des caractéristiques mécaniques qui sont deux fois plus importantes que le béton ».

Injection de résine et agrafage des fissures. Crédit photo : AccesSOL

« Il y a également de nouvelles solutions qui ont été développées, qu’on appelle les solutions "horizontales". Ces dernières visent notamment à approfondir les fondations ou à apporter une meilleure gestion hydrique des sols», nous explique Ahmed Akaaboun.

« Il n'y a pas une solution, il y a des solutions adaptées aux différents sols », résume-t-il.

Au vu des fortes pluies enregistrées cet hiver 2024/2025, nul doute que l’entreprise devrait être fortement sollicitée dans les mois à venir, si l’été se révèle encore particulièrement sec.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier
Photo de une : Ahmed Akaaboun ©Luchino Filmmaker

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