En 2024, les industries de la peinture confirment un « repli général »

Représentant 95 % des entreprises de la filière, la Fédération des Industries des peintures, colles, encres, couleurs pour l'art et résines (Fipec) avait fait état d’une année 2023 « pas évidente ».
La tendance se confirme en 2024, avec un chiffre d’affaires total à 5 milliards d’euros, soit en recul de 4 %.
Sur le segment marché des peinture, lasures, enduits et vernis, l’activité décroit de 4,7 % en valeur à 2,868 milliards d’euros et de 3,2 % pour atterrir à 1,020 kilotonne en volume, entre 2023 et 2024.
Plus de 5 % de baisse dans les produits du bâtiment
Le déclin est particulièrement fort dans les produits pour le bâtiment, plus précisément de 5,9 % en valeur. Le marché de la construction neuve a beaucoup joué dans la balance. En témoignent les derniers chiffres de la FFB, qui enregistre 19,1 % dans le logement neuf.
« Par ailleurs, la poursuite de la récession des ventes de peintures et vernis pour le grand public (-1,3 %) reflète l’inquiétude des ménages préférant rester prudents avec leurs dépenses et procéder aussi à d’autres arbitrages », observe la Fipec.
Un « contexte de repli général », que le segment colles, mastics et adhésifs subit également, sur fond de hausse du coût des matières premières. Le marché se replie de 3,2 % en volume et en valeur, s’établissant à 1,867 milliard d’euros et à 442 kilotonnes. Embellie toutefois sur le marché des résines, progressant de 3,3 % en valeur et en volume, à 120 millions d’euros et de 18,4 kilotonnes.
D’ailleurs, en commerce extérieure, le bilan de la Fipec se redresse en 2024 à 60 millions d’euros, pour un solde positif de 36 000 tonnes, contre -87 millions d’euros et -7 000 tonnes en 2023. L’activité des industries de la peinture est déficitaire sur le marché intracommunautaire, de 83 millions d’euros pour 63 kilotonnes. Notons que « la balance est tirée par les échanges hors-UE, en excédent de 143 M€ pour 99 Kt ».
La Fipec réclame « une élaboration réglementaire raisonnable et favorable à l’innovation et la R&D »
Alors que la conjoncture reste pessimiste, entre un PIB encore atone (0,9 % selon l’INSEE) et une faible confiance des ménages, les perspectives de la Fipec pour 2025 suivent cette tendance.
Jacques Menicucci, président de la Fipec réélu en juin 2024, développe : «les perspectives moins favorables attendues pour 2024 se sont confirmées et l’année 2025 s’annonce tout aussi difficile. Malgré notre résilience et notre esprit de filière, notre industrie craint aujourd’hui pour sa pérennité ».
D’autant que des décisions législatives et réglementaires peuvent impacter la filière. « Les positions prises par les pouvoirs publics français ou européens continuent à pénaliser la compétitivité de nos entreprises que ce soit avec leur position favorisant les droits anti-dumping sur les intrants critiques (dioxyde de titane, résines époxy…) ou bien encore la complexité des obligations liées aux filières REP, le tout menant à une explosion des coûts de production », lit-on dans le communiqué de la fédération, qui appelle « les décideurs publics à poursuivre cette voie d’une élaboration réglementaire raisonnable et favorable à l’innovation et la R&D ».
Virginie Kroun
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