Accidents de la route : le secteur du BTP ne veut prendre aucun risque

En 2020, près de 50 000 personnes ont été victimes d’un accident de la route lié au travail. En 2019, ils ont même été à l’origine de 51 décès, dont 12 en mission et 39 accidents de trajet, soit 44 % de l’ensemble des accidents mortels recensés pour la branche BTP.
Deuxième cause d'accidents graves et/ou mortels dans ce secteur, le risque routier professionnel demeure ainsi un risque majeur. Ce dernier touche par ailleurs tous les professionnels de la filière, et à tous les niveaux de l’entreprise.
Considéré comme une priorité pour le secteur du BTP, le risque routier professionnel mobilise également le gouvernement. La délégation interministérielle à la sécurité routière (DISR), la caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et le ministère chargé du travail ont ainsi mené différentes actions en faveur d’une meilleure connaissance de ces risques. « Néanmoins, des efforts restent à fournir pour parvenir à faire baisser encore les accidents graves et mortels », a souligné l’OPPBTP à l'occasion d’une conférence dédiée.
Le BTP mobilisé contre les risques professionnels routiers
Conscient que c'est un enjeu majeur, l’organisme souhaite avant tout faire découvrir aux professionnels des solutions pour acquérir les bons réflexes de prévention. En s’adossant à la Semaine de la Sécurité routière au travail, qui a lieu du 9 au 13 mai 2022, l’OPPBTP lance donc un dispositif national inédit de communication, d’information et de sensibilisation pour la prévention du risque routier dans le domaine du bâtiment et des travaux publics.
L’objectif est clair : il faut changer durablement les comportements pour atteindre le « zéro risque routier ». Pour Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP, « il n’y a pas d'autres objectifs acceptables que zéro ! ».
Ensemble, ils ont donc l'ambition d’accompagner un panel de 150 à 200 entreprises ciblées dans l’évaluation et la prise en compte de ce risque professionnel. Pour cela, le dispositif s’organise autour de trois axes principaux : d’importants moyens de communication (vidéos de sensibilisation sur les réseaux sociaux, site internet dédié, affiches publicitaires…), une campagne d’information avec notamment des quizz mis à dispositions par la DISR, et un outil d’évaluation du risque routier professionnel de la Cnam.
Enfin, l’OPPTBP souhaite mettre à profit ces 6 semaines de mobilisation pour aller à la rencontre des entreprises, afin de « mieux comprendre leurs besoins et engager une démarche d’accompagnement ». Les diagnostics réalisés durant la campagne permettront par ailleurs de disposer du premier baromètre de prise en compte du risque routier dans le BTP.
Pour Marie Gautier Melleray, déléguée interministérielle à la sécurité routière, ce dispositif sert notamment à « multiplier les efforts de nos campagnes respectives » pour que « ces messages de prévention se prolongent le plus possible ».
Une ambition que le secrétaire d'état chargé de la santé au travail, Laurent Pietraszewski, partage : « Il y a une volonté collective de faire bouger les choses, et le chiffre zéro est celui qui doit nous mobiliser. » « Le BTP donne pour cela une vision exemplaire de comment il faut se comporter en matière de risque au travail », conclut-il.
Pour en savoir plus, c'est ici.
Marie Gérald
Photo de Une : OPPBTP