Multipropriété : qui sont ces Français qui possèdent plusieurs logements ?

Une étude récente de l’Insee met en lumière une réalité souvent méconnue du marché immobilier français : 9,7 millions de personnes détiennent au moins deux logements, que ce soit en pleine propriété ou en indivision.
Ce chiffre représente un tiers de l’ensemble des propriétaires et traduit une forte concentration de la propriété privée, puisque ces multipropriétaires possèdent à eux seuls 65 % des logements détenus par des particuliers.
Un profil type bien défini
Les données de l’Insee révèlent que la multipropriété s’installe généralement avec l’âge. Elle atteint un pic autour de 60 ans : à cet âge, près de 30 % des personnes sont propriétaires de plusieurs logements. Ce phénomène s’explique par l'accumulation progressive de patrimoine, souvent renforcée par des stratégies d’investissement locatif ou de transmission.
Les multipropriétaires disposent également d’un niveau de vie nettement supérieur : leur revenu médian dépasse de 25 % celui des propriétaires d’un seul bien, et de 50 % celui des non-propriétaires.
La géographie de la multipropriété révèle des disparités notables. Les départements touristiques comme la Corse-du-Sud, la Haute-Corse ou les Hautes-Alpes, ainsi que la capitale, concentrent une grande part de ce parc immobilier : jusqu’à huit logements privés sur dix y sont détenus par des multipropriétaires. À Paris, cette dynamique s’explique en partie par les investissements locatifs à fort rendement et les résidences secondaires de prestige.
Des logements souvent mis en location
L’utilisation de ces biens varie fortement. Plus de la moitié sont mis en location, un quart servent de résidences secondaires, et le reste est inoccupé. Fait notable : deux tiers des logements loués sont situés dans le même département que la résidence principale du propriétaire, soulignant une logique de proximité dans la gestion locative.
Cette concentration patrimoniale soulève des questions d’équité dans l’accès au logement. Alors qu’une partie de la population accumule les biens, les primo-accédants font face à des prix de plus en plus inaccessibles, notamment dans les zones tendues. Le sujet pourrait alimenter les réflexions autour de la fiscalité immobilière, de l'encadrement des loyers ou encore des instruments d’incitation à la remise sur le marché des logements vacants.
À noter que la loi de finances 2024 introduit des ajustements en matière de fiscalité sur les locations meublées et les plus-values, ce qui pourrait impacter les stratégies patrimoniales des multipropriétaires dans les mois à venir.
Marie Gérald
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