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Avec son nouveau bâti-support Duofix, Geberit à la conquête du WC suspendu

Publié le 04 avril 2025

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Lors d’une visite sur le plus grand site de production de Geberit, basé à Pfullendorf (Allemagne), découvrons le Duofix, quatrième génération. Commercialisé dès le printemps, ce nouveau bâti-support cache une stratégie pour l’équipementier sanitaire : se développer dans le WC suspendu.
Avec son nouveau bâti-support Duofix, Geberit à la conquête du WC suspendu - Batiweb

À 45 km du lac de Constance, nichée dans les vallées verdoyantes de la frontière germano-suisse, nous retrouvons l’usine de Geberit à Pfullendorf (Allemagne).

Vue sur le site de production de Pfullendorf en Allemagne - Crédit photo : V.K
Vue sur le site de production de Pfullendorf en Allemagne - Crédit photo : V.K

 

Sur 40 000 m² de site de production, l’équipementier suisse en solutions sanitaires produit à l’année 500 000 réservoirs apparents et 6 millions de réservoirs encastrés. Une partie de ses lignes est consacrée à la production d’abattants en polypropylène, à hauteur de 50 000 unités par jour. 

Réservoir produit sur l’usine de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K
Réservoir produit sur l’usine de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K;

Le tout complété par un centre logistique, composé de 160 camions en partance et 80 arrivant sur le site. Sans compter son attirail de transstockeurs, dont le plus grand réunit 70 000 espaces. 

Robinet flottant du bâti-support produit sur le site de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K
Robinet flottant du bâti-support produit sur le site de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K

Le Duofix quatrième génération, un bâti-support conçu « avec la France, pour la France »


Autant dire que l’usine historique de Geberit de Pfullendorf - la plus grande du groupe - est une mécanique bien huilée et parée pour produire la nouvelle innovation de Geberit France. Il s’agit de la quatrième génération du bâti-support Duofix, que nous avons découvert en avant-première au salon Idéobain en octobre dernier.

Sa conception a été pensée « avec la France, pour la France », expose Guillaume Leurent, directeur Marketing et Ventes de Geberit France. « Il y a une grande partie sur la statique et les éléments d'évacuation », abonde-t-il. 

Mais pourquoi la statique a son importance sur le marché français des sanitaires, où la marque commercialise depuis 2003 des systèmes autoportants ? « En France, il y a peu de coordination entre différents corps d'état, malheureusement, sur les chantiers. Et le plombier est responsable de la pose de son produit, qui devait tenir tout seul », développe Rodolphe Artero, responsable Marketing Produits de Geberit France. 

En général, une fois le produit autoporté installé et stable sur ses pieds, les plaquistes interviennent. « Le rail, quand on met un châssis dans une ossature métallique, doit être affleurant et l'habillage en plaques de plâtre doit être sur le châssis et sur l’ossature métallique. Il ne faut pas avoir d'écart », nous décrit M. Artero. Or par ce manque de coordination, des erreurs pouvaient être commises, notamment dans les hôpitaux où l’ossature métallique est très déployée.

Conséquences : « on aperçoit des fissurations des revêtements en carrelage ou déformations des surfaces vinyliques, parce que ça n'est pas stable », indique le responsable Marketing Produits de Geberit France.

Depuis début avril, le site de production de Pfullendorf se mettra à produire la quatrième génération du Duofix. En France, les négoces et distributeurs verront leurs anciens stocks de Duofix remplacés par ces nouvelles versions. 

Vérification du bâti-support sur le site de production de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K
Vérification du bâti-support sur le site de production de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K

Opération promotion dès le printemps

 

Pour marquer le coup, Geberit France lancera une opération information et sensibilisation des installateurs français. L’idée : préparer les professionnels à ces nombreux changements, mais aussi à leur utilité sur chantier.

Le fabricant d’équipements sanitaires capitalisera sur son traditionnel Geberit Tour, lancé en septembre. Les camions de formation viendront se déplacer auprès des grossistes pour montrer le nouveau bâti-support aux clients professionnels. 

Mais avant cela, deux autres animations seront programmées. De mai à juin,60 événements locaux se tiendront à travers la France. Les équipes de vente approcheront ainsi des groupes ou gros installateurs dirigeant plusieurs collaborateurs. Ils s’articuleront entre une phase d'activité ludique et une phase de démonstration de produits.

Sur la même période, plus précisément du 13 mai au 16 juin, entre 18h30 et 22h30, 15 soirées Duofix, des « événements XL », accueilleront 150 installateurs en moyenne (sur inscription gratuite). « Sur les autres événements, on est susceptible de parler de différentes familles de produits. Sur les événements XL, on se concentre uniquement sur la découverte du bâti-support », explique Laurence Myny, responsable Marketing Communication de Geberit France.

Au programme : conférence, cocktail et démonstration. « On va créer des pôles de démonstration. Le groupe des installateurs va se diviser, graviter, découvrir, toucher le produit tel qu'il est, le voir dans sa version autoportante et dans sa version en applique, et être capable de découvrir toutes les nouveautés et les subtilités du nouveau produit », développe Mme Myny. 

Sans compter les campagnes sur les réseaux sociaux et les promotions déployées lors de la commercialisation du dernier Duofix. Ainsi, l’installateur qui achète le bâti-support, voire trouve un ticket d’or parmi ceux placés dans certains paquets, pourra bénéficier de différents cadeaux. 

Faire augmenter la part du WC suspendu en France

 

L’enjeu est de taille pour Geberit, qui après son ambition de démocratiser le WC lavant en France, fixe un autre objectif : « monter la part du WC suspendu en Europe», affiche Guillaume Leurent. 

« Sur de grands pays (Autriche, Belgique, Italie…) on est autour de 80 % (…) Et par contre, les pays d'Europe de l'Est sont aussi en train de monter », avec 43 % de parts, détaille le directeur Marketing et Ventes de Geberit France.

Selon les chiffres de l’AFISB, « il y a à peu près 3 millions de WC vendus chaque année », dont « à peu près 1 million de suspendus et le reste au sol » abonde-t-il. Est soulignée également une bonne pénétration du WC suspendu, même si elle n’enregistre que +1 % entre 2019 et 2023 et que le WC au sol reste un peu moins cher. 

WC suspendu exposé sur le bureau de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K
WC suspendu exposé sur le bureau de Geberit à Pfullendorf - Crédit photo : V.K

Moins cher et plus simple à installer. « Pour un installateur plombier, remplacer un WC au sol ancien par un nouveau WC au sol, ça lui prend moins d’une journée. Pour un WC suspendu, certes, il fait plus de manœuvres, il facturera plus cher, mais au final, il doit quand même venir au moins deux jours, si ce n'est trois », compare M. Leurent, « parce que souvent, il y a la reprise du carrelage, etc. », mentionne-t-il. 

D’où les espoirs fondés sur le nouveau Duofix, « au cœur » de sa stratégie. Un discours souvent répété textuellement et visuellement dans la campagne de communication du nouveau produit. D’autant que le prix du bâti-support reste stable, les investissements déployés seront amortis par les ventes du Duofix quatrième génération. C’est dire à quel point Geberit croit en cette nouvelle version, qu’elle a mis 17 ans à concevoir après le Duofix 3, sorti en 2001 et amélioré en 2008.

Virginie Kroun

Photo de Une : V.K
 

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