Lancement d’une concertation publique pour sauver le Fort Boyard de la ruine

Même le célèbre Fort Boyard n’échappe pas aux ravages du temps. Cet édifice, qui sert de décor au jeu télévisé du même nom depuis 1990, doit faire l’objet d’importants travaux s’il ne veut pas disparaître dans les décennies à venir. Le département de Charente-Maritime a récemment annoncé que 44 millions d’euros de travaux étaient nécessaires d’ici à 2028 afin de sauver le Fort. Une concertation publique a été lancée en ce sens.
Situé dans l’océan Atlantique, entre l’île d’Oléron et l’île d’Aix, cet ouvrage du XIXème siècle est « destiné à la ruine » faute de protections face aux assauts des vagues, a fait valoir dans un communiqué la collectivité, propriétaire du site depuis 1989. Plusieurs études « concluent à la ruine inéluctable du Fort Boyard si des ouvrages destinés à assurer sa protection vis-à-vis des courants et de la houle ne sont pas construits », peut-on lire dans le communiqué.
Les travaux, envisagés de 2025 à fin 2027-début 2028, consistent à rebâtir certains ouvrages protecteurs existant dans le passé, avec un béton reprenant l’aspect du granit originel : un éperon à l’avant de l’édifice, un havre d’accostage, une risberme (talus de protection)... D’après la présidente du département Sylvie Marcilly, le Fort devrait devenir « accessible » au public dès les travaux effectués.
Plusieurs millions d’euros nécessaires pour restaurer un monument chargé d’histoire
Le budget prévisionnel s’élève à 36 millions d’euros hors taxes et le conseil départemental a voté une autorisation atteignant 44 millions d’euros pour ces travaux. Par ailleurs, des demandes de subventions « sont en cours » auprès de l’État, de la région Nouvelle-Aquitaine et de l’Union européenne. Un appel aux mécènes sera lancé à l’automne 2024.
La collectivité a présenté vendredi sa concertation, intitulée « Sauvons le Fort Boyard », avec des registres ouverts au public de mai à septembre. Une exposition pédagogique a également été élaborée.
Le Fort Boyard est tombé en déshérence avant d’être inscrit aux monuments historiques en 1950 par le Ministère de la Culture. Racheté en 1988 par un producteur de jeux télévisés, il est cédé l’année suivante au département pour un franc symbolique, à charge pour ce dernier d’assurer son entretien.
Jérémy Leduc (avec AFP)
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