A quand le retour des dirigeables dans le ciel de Paris ?

Mais ce véhicule aérien a de nombreux atouts : capacité à décoller et atterrir verticalement (donc plus besoin de pistes) et "manipulation très simple qui le rend manœuvrable". C'est, pour l'élu, "le véhicule le plus souple qui soit sur cette planète". Jean-Marc Brulé, conseiller régional d'Ile-de-France et maire de Cesson (Seine-et-Marne) suggère ainsi d'utiliser les ballons dirigeables pour le transport de charges lourdes : pièces industrielles géantes, éléments de construction ou de centrales...
Le conseiller suggère également l'emploi des dirigeables lors de catastrophes, séismes ou inondations destructeurs d'infrastructures. "La région IDF a voté une première aide de 500.000 euros pour la recherche et le développement sur ce secteur", a-t-il annoncé. Certains pays, dont l'Allemagne et les USA, s'y intéressent. "On peut imaginer que dans 2-3 ans, on ait effectivement des dirigeables qui survolent la région Ile-de-France", selon Jean-Marc Brulé.
Jusqu'à 110 tonnes de charge utile
Entre 1900 et 1962, huit pays produisaient des dirigeables. Ils n'étaient plus que trois en 2006. A l'époque, ils transportaient en moyenne 110 tonnes de marchandises. Le dirigeable gros porteur peut mesurer jusqu'à 300 mètres de long et avoir jusqu'à 10.000 km de rayon d'action. "Cela ne pourra jamais concurrencer économiquement et écologiquement le train. Mais c'est judicieux pour ce qui est transporté en avion. La Poste est notamment intéressée pour livrer ses colis en Corse. Une entreprise comme Sanofi, qui fait du transport massif de médicaments, pourrait y trouver son compte", ajoute l'élu.
Le premier prototype pourrait être livré d'ici un ou deux ans. A terme, ils seront recouverts de panneaux solaires souples et fonctionneront à l'hydrogène ou aux piles à combustibles. Ils pourraient en outre intéresser le secteur du tourisme, qui verrait bien le ciel parisien survolé par ces drôles de ballons.
Laurent Perrin