Le hub des prescripteurs bas carbone revient sur les matériaux biosourcés
La SNBC prévoit de multiplier par 2 le réservoir carbone et de diviser par 6 les émissions de gaz à effet de serre. Et pour cela, elle compte notamment sur le dévelopement de l'usage du bois et des matériaux biosourcés dans le bâtiment.
Même constat pour la future Réglementation Environnementale 2020 RE2020 : « La RE2020 est une réglementation inédite qui propulse la construction sur le chemin vers la neutralité carbone », souligne ainsi Christophe Rodriguez, directeur général adjoint de l'Insitut Français pour la Performance du Bâtiment (IFPEB).
En matière de matériaux biosourcés, le hub des prescripteurs bas carbone distingue quatre prinicpales filières, à savoir le bois, les isolants, le béton, et la paille. Ces filières ayant des degrés de maturité variables pour répondre aux besoins de la construction qui devraient devenir croissants.
Des ressources abondantes en France
Selon France Bois Forêt, le bois représenterait déjà 8 % des parts de marché de la construction en France, et la filière ambitionne d'atteindre les 20 à 30 % d'ici 2030. Mais cette dernière doit aujourd'hui faire face à des problèmes d'approvisionnement et à une hausse des prix. Dans ce contexte, le hub des prescripteurs bas carbone incite la filière à limiter les importations et à se structurer autour de certaines essences d'arbres très présents sur le territoire métropolitain, comme les bois feuillus (représentant trois quart des essences français), en plus du recours aux résineux.
La France étant le premier producteur de plantes à fibres en Europe, elle dispose également des ressources nécessaires pour la croissance de certaines filières d'isolants et de bétons biosourcés.
Des matériaux capables de stocker du carbone
Le hub des prescripteurs rappelle que le recours aux matériaux biosourcés permet de réduire l'empreinte carbone par rapport à l'utilisation de produits conventionnels, et que certains permettent également de stocker du carbone, comme le bois, capable de stocker environ 1 tonne équivalent CO2 par m3. Ainsi, un bâtiment collectif s’inscrivant dans la trajectoire de la SNBC devra stocker en moyenne entre 60 et 70 kilos équivalent CO2 par m2 d'ici 2030.
Concernant la construction bois, le hub des prescripteurs bas carbone note que la construction bois entraîne toutefois des surcoûts, notamment dans les logements collectifs (de +5 % à +20 % selon la hauteur du bâtiment). Des actions devront donc être menées pour réduire ces coûts, et former massivement les professionnels du bâtiments aux nouvelles techniques.
Claire Lemonnier
Photo de une : Adobe Stock