C'est bien beau le Grenelle, encore faut-il le financer !
"C'est un moment clé", a assuré Patrick Bernasconi, président de la FNTP, "une phase à ne pas louper" après les annonces du Grenelle de l'environnement. "Il faut identifier les projets, établir un calendrier et assurer les financements", a-t-il résumé. "Il y a des vraies réponses à apporter de la part du gouvernement si on veut respecter les objectifs du Grenelle", a renchéri Christian Philip, président de la FIF.
De fait, le tableau est plutôt noir tant sur le plan organisation que du financement et, à l'heure actuelle, il manque beaucoup d'argent tant pour construire que pour rénover et moderniser le réseau ferroviaire. Les deux fédérations plaident pour l'élaboration d'un Pacte national pour les infrastructures de transport, c'est à dire une loi de programmation des investissements en infrastructures.
Elles demandent également la création d'une Agence pour l'évaluation et les financements des projets avec un statut lui garantissant "autonomie et pérennité". Un calendrier définissant clairement les modalités de financement et de réalisation des dix principaux projets ferroviaires du Comité interministériel de l'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT) est aussi souhaité. Si les trois demandes sont liées, la question du financement se pose avec acuité, d'autant que les ressources d'aujourd'hui sont largement insuffisantes pour appliquer le programme revendiqué par le gouvernement.
La FNTP et la FIF proposent plusieurs pistes pour "des ressources suffisantes et affectées", dont la mise en place les meilleurs délais" de la taxe poids lourds telle qu'elle existe déjà en Alsace, le déplafonnement des recettes radars au profit des infrastructures. Ils souhaitent aussi que Réseau ferré de France (RFF) puisse disposer "pleinement et librement des recettes issues de la vente de son patrimoine immobilier et foncier", ce qui n'est pas le cas actuellement.
Il s'agit d'avoir "une vision stratégique de l'avenir" en établissant un vrai "projet industriel", ont-ils demandé en citant en exemple le cas de Port 2000 au Havre. "Si l'on ne construit pas des voies ferroviaires dédiées à cet équipement portuaire (un port dédié au trafic des conteneurs, ndlr), tout le bénéfice en reviendra à la Belgique et au Pays-bas", ont-ils assuré.