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La rénovation énergétique nécessitera 200 000 emplois d'ici 2030

Publié le 04 juillet 2023

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Dans une étude présentée ce mardi 4 juillet, France Stratégie et le Ministère du Travail ont détaillé les besoins en main d'oeuvre dans les métiers du bâtiment d'ici à 2030. Entre 170 000 et 250 000 emplois supplémentaires seront nécessaires pour soutenir le plan de rénovation énergétique de la France.
La rénovation énergétique nécessitera 200 000 emplois d'ici 2030 - Batiweb

L'étude publiée par France Stratégie relève que certaines régions sont davantage concernées par ce besoin grandissant de main d’oeuvre dans la rénovation énergétique, notamment en raison de leur importante proportion de passoires énergétiques (Nord-Est et le Centre), et de chaudières au fioul (Massif central et l'Est).

Quant à l'Île-de-France, ce serait la région où les difficultés de recrutement s’accentueraient le plus d’ici 2030.

Ainsi, en fonction des scénarios de montée en puissance des rénovations énergétiques, le rapport estime entre 170 000 et 250 000 le nombre de postes supplémentaires nécessaires pour répondre aux besoins.

 

Se concentrer sur la qualité de l'emploi

 

Face à ce double défi, Hélène Garner, directrice du pôle Travail Emploi Compétences de France Stratégie, souligne « la nécessité d'augmenter les effectifs tout en améliorant la qualité des services de rénovation ».

Actuellement, de nombreuses entreprises, souvent de petite taille, manquent de compétences pour réaliser des rénovations énergétiques performantes. Le taux de labellisation Reconnu Garant de l'Environnement (RGE) reste « relativement faible », représentant 7 % des entreprises du secteur, et un chantier sur trois présente des non-conformités.

Pour surmonter ces obstacles, le rapport indique qu’ « il est crucial d'accroître l'attractivité des métiers du bâtiment, notamment chez les ouvriers », soulignant que les écoles manquent de candidats, et que de nombreux travailleurs quittent le secteur pour se tourner vers d'autres secteurs comme la logistique, souvent avant l'âge de la retraite, et pour des raisons de santé.

La formation est certes « un élément essentiel », mais « il ne suffit pas à lui seul pour résoudre ces enjeux », insiste Mme Garner. « Il est indispensable de se concentrer sur la qualité de l'emploi offert dans le secteur », ajoute-t-elle.

En revanche, du côté des cadres, où les opportunités sont plus attractives, il faudra développer de nouvelles classes et formations pour les métiers émergents, tels que chargé de projet ou coordinateur de travaux.

 

« Il ne faudra pas compter sur un transfert automatique des ouvriers vers le secteur de la rénovation »

 

Le rapport met également en lumière certaines incertitudes, parmi lesquelles celle de la demande en rénovation. À l'heure actuelle, les aides publiques ont principalement couvert des rénovations partielles, comme le remplacement de chaudières. L’enjeu réside maintenant dans la capacité des aides à favoriser des rénovations globales

« Cela implique une adaptation des référentiels de compétences et de certification pour intégrer les compétences spécifiques à la rénovation énergétique », note l'étude. 

Un autre point d'incertitude concerne le rythme de décroissance de la construction neuve. Même dans l'hypothèse d'une forte baisse des nouveaux chantiers, « il ne faudra pas compter sur un transfert automatique de ces ouvriers vers le secteur de la rénovation ». Selon France Stratégie, une réduction de 20 % des chantiers libérerait seulement 50 000 emplois, loin des besoins révélés.

 

Marie Gérald

Photo de une : ©Adobe Stock

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