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(Vidéo) Plusieurs portes de croissance pour Jeld-Wen en France

Publié le 20 février 2025

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Découverte de l’usine Jeld-Wen à Éauze, dans le Gers. Le fabricant de portes intérieures et solutions techniques en bois nous révèle ses futurs axes de croissance.
(Vidéo) Plusieurs portes de croissance pour Jeld-Wen en France - Batiweb

C’est une ville qui a conservé son héritage antique, médiéval comme industriel. Si on reconnaît dans la ville d’Éauze (Gers) sa cathédrale Saint-Luperc, on y distingue également l’usine de Jeld-Wen. Ouverte en 1956 sous l’enseigne France Portes, elle est ensuite absorbée dans l’écosystème du groupe américain, qui rachète l’entreprise en 1998.

Présent dans 16 pays (États-Unis, Royaume-Uni, Hongrie, Autriche…), l’industriel est aujourd’hui spécialisé dans la fabrication de portes et blocs-portes de décoration et techniques, gommant ainsi son ancienne activité fenêtre. 

En France, l’activité de Jeld-Wen est répartie entre son site d’Éauze et d’Ussel (Corrèze), concentrant 400 collaborateurs. Les univers bâtiment couverts par le fabricant sont divers : maison individuelle, logement collectif, bureaux, ERP (santé, école, crèche), etc. 

Dans l’usine d’Eauze, 15 lignes de production s’activent sous le bruit des scies. Un appareil capable de produire 1 500 portes quotidiennement grâce à deux équipes, et 350 000 produits (huisseries, portes, cloisons, blocs-portes etc…) par an.
 

Une « légère hausse du CA » en 2024 

 

Jeld-Wen réalise les deux-tiers de son chiffre d’affaires grâce aux produits techniques, destinés principalement aux bâtiments tertiaires et collectifs. Le reste de l’activité étant porté par les produits de décoration pour le marché du résidentiel.

Sur le marché résidentiel français, le fabricant souligne une plus grande présence côté rénovation que construction, sans préciser de chiffres. « Nous venons de terminer l'année 2024 en légère hausse par rapport à 2023 », nous indique Tristan Vienne.

Le directeur commercial France et Benelux de la marque nous en dit plus sur son bilan 2024 et ses perspectives 2025, axées en partie sur l’innovation : 

 

Affirmer son expertise dans les solutions à « hautes technicités »

 

Ce qui distingue l’usine d’Éauze, c’est sa spécialisation dans les portes intérieures techniques pour le tertiaire, de cloisons et portes vitrées, ainsi que les portes à hautes technicités. Cette dernière couvre une diversité de produits : blocs-portes à Dispositif Actionné de Sécurité (DAS), anti-rayons X, anti-effraction… 

De hautes performances dans lesquelles Jeld-Wen tend à affirmer son expertise. Son offre pour l’éducation et la petite enfance concentre la plupart de ces technicités. Les solutions sont équipées de joints intumescents EI30 (résistance pendant 30 minutes), qui se gonflent sous l’action du feu et colmatent les espaces entre l’huisserie et la porte. Intégré directement dans le vantail, le joint est inaccessible à la saleté et aux manipulations, limitant ainsi son usure. Il peut s’accompagner de joints anti-pince doigts jusqu’à une hauteur de 1300 mm. 

Pour la sécurité, les portes sont équipées de systèmes de béquillage, d’une poignée à 1290 mm du bas du vantail – donc inaccessibles aux enfants en bas âge  - ainsi qu’un oculus à 500 mm du bas de la porte. Plusieurs configurations en version DAS Acoustique sont possibles : ferme-porte débrayable, ferme-porte encastré, bandeau ou ferme-porte.

Porte pour petite enfance et éducation de Jeld-Wen, équipée du système anti-pince doigt - Crédit photo : V.K
Porte pour petite enfance et éducation de Jeld-Wen, équipée du système anti-pince doigt - Crédit photo : V.K

La performance acoustique va de 30 à 39 dB sur cet univers bâtiment. L’isolation phonique est toutefois meilleure sur les nouvelles portes anti-effractions CR 3 (40 dB RA), récemment lancées sur le marché du logement collectif.

Conformes à la norme EN 1627, elles sont résistantes durant 5 minutes aux différents essais d’effraction, dont les tests EN 1630, associées aux attaques manuelles (trou d’homme, attaque serrure ou paumelles). Les solutions sont aussi conformes à la norme NF EN 1121, associée à une isolation thermique constante et fiable. 

Avec ses portes à techniques, Jeld-Wen veut étendre son portefeuille de bâtiments. « On a énormément de demandes liées aux salles de serveurs », mentionne Anne Renon, directrice marketing & produits de Jeld-Wen France. Une tendance qui précédait déjà le sommet de l’intelligence artificielle (IA) à Paris, à l’occasion duquel Emmanuel Macron a annoncé des investissements massifs en France dans ce domaine, à hauteur de 109 milliards d’euros. 

Entre 20 et 30 millions d’euros d’investissements industriels prévus

 

L’outil industriel de Jeld-Wen se renouvelle régulièrement. Depuis 2014, l’usine d’Éauze a accueilli notamment une nouvelle déligneuse, une chaudière biomasse ainsi que l’automatisation de la pose des joints sur les portes. 

Automatisation de la pose des joints sur les portes sur l'usine d’Éauze - Crédit photo : V.K
Automatisation de la pose des joints sur les portes sur l'usine d’Éauze - Crédit photo : V.K

En 2025, Jeld-Wen se concentrera sur le renouvellement de ses scies. Plus précisément, « toutes les scies à panneaux et des scies radiales, non sécurisées, qui doivent être remplacées par des scies de sécurité. Sur toute l'Europe, ce sont 25 scies qui seront rachetées », nous liste Phillipe Allert, directeur des opérations du fabricant. À Éauze, quatre scies radiales et une scie à panneaux sont concernées.

Une enveloppe de 20 et 30 millions d’euros d’investissements est annoncée pour les deux sites français de Jeld-Wen, permettant d’alimenter des projets stratégiques de développement. À savoir qu’au global, l’industriel consacre 4 % de son chiffre d’affaires à l’investissement dans ses usines.

La sécurité avant tout 

 

Car si Jeld-Wen accorde de l’importance à la qualité de ses produits, la sécurité sur ses sites de fabrication prime avant tout. Au-delà la sécurisation de ses machines, l’élimination des risques se joue également sur la circulation piétonne dans l’usine et l’ergonomie des postes. 

«En 2024, on a divisé par 3 notre taux de fréquence d'accident», affiche M. Allert. « Nous avons mis en place un passeport digital sécurité, pour tous les intérimaires qui rejoignent nos équipes. Avant de la prise de poste, tout nouvel intérimaire suit une formation lui permettant de visualiser nos postes de travail et d’appréhender les règles de sécurité de l’entreprise. Cette formation se conclut par un test en ligne de validation des acquis », abonde-t-il. 

Recruter davantage en CDI

 

D’autant que les questions de pénibilité et de sécurité sont stratégiques pour recruter des opérateurs en usine. En 2024, Jeld-Wen a recruté 60 personnes en CDI, dont 24 opérateurs production sur chaque site d’Éauze et d’Ussel. Des postes encore assurés à 27 % par des intérimaires

« Post-covid, il y a eu une grosse année de redémarrage, mais l'année d'après on ne savait pas trop ce que nous réservaient les mois à venir, donc comme beaucoup d’industriels nous avions un peu gelé les recrutements », explique notamment Philippe Allert. 

« Aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique où si nous souhaitons nous améliorer en sécurité et qualité, il faut que nous ayons beaucoup moins d'intérimaires dans nos équipes. Il faudrait descendre en dessous de 10 % », poursuit le directeur des opérations de Jeld-Wen. Toutefois, « l’intérim est nécessaire, puisque cela permet de réguler la capacité de production en fonction du marché », précise-t-il. 

Sur les deux dernières années, l’équipe commerciale France de la marque a grandi, à raison de deux recrutements par an. L’idée étant à terme de recruter 8 personnes supplémentaires, dont 4 sur le terrain, 1 SAV terrain et 3 administrateurs des ventes (ADV). 

De quoi renforcer son maillage de 880 points de vente en négoce, avec 27 % parts de marché sur ce canal. Pour renforcer sa relation avec les clients professionnels, Jeld-Wen a formé 695 clients à son passeport, lors de 122 sessions en 2024.

Et l’impact carbone dans tout ça ? 

 

Si la position de Jeld-Wen à Éauze, assez excentrée, peut freiner la dynamique de recrutement, elle était stratégique au moment de la création de l'usine, car autrefois à proximité des forêts landaises et autres ressources de bois locaux. 

À ce propos, comment le recyclage bois est appréhendé par l’industriel ? « Nous sommes soumis à la REP. Le bois est beaucoup plus facilement recyclable que le métal. Aujourd'hui, il est possible de poser une porte sur une huisserie bois ou sur une huisserie métallique. Nous commençons à voir une tendance chez certains clients qui semblent délaisser l'huisserie métallique au profit du bois, pour avoir un impact carbone plus avantageux », nous répond Anne Renon.

Depuis 18 mois, le fabricant de portes intérieures et solutions techniques en bois s’attèle à la rédaction de six FDES individuelles. Les deux premières portent sur les blocs-portes avec tôle et blocs-portes techniques sans tôle sur huisserie bois, couvrant 80 % du portefeuille produit de Jeld-Wen. Elles ont été publiées sur la base Inies, à la suite d’un fastidieux processus de vérification de trois mois.  

« Il n'y a pas de souci sur ce travail-là et sur la durée de validité de 5 ans. Les produits évoluent, les techniques évoluent. Par contre, ce qui nous interroge, ce sont les moyens mis à disposition des industriels. Aujourd'hui, on a dû contacter une centaine de vérificateurs pour en trouver un disponible. Une fois vérifiée, la base Inies met entre 4 et 6 semaines pour valider une fiche », commente Mme Renon. Et ce si aucune incohérence, parfois complexe à trouver à l’œil nu, n’est repérée dans la base. Dans ce cas, rebelote, le même circuit doit être réemprunté.  

« Les prochaines FDES qui sortent sont les mêmes produits sur huisserie métallique. Les cinquième et sixième FDES concernent les blocs-portes alvéolaires», déclare la directrice marketing & produits de Jeld-Wen. 

Une deuxième phase de rédaction est prévue sur lesdites fiches, notamment afin d’affiner l’évaluation de l’impact carbone des produits équipés de quincaillerie.

Virginie Kroun
Photo de Une : V.K 

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