La déconstruction du Hall 9 à Toulouse accompagnée par Valobat
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L’ancien Parc des expositions de Toulouse, situé sur l’île du Ramier, est en pleine mutation. Sa « débitumisation », qui a débuté en 2020, est l’un des premiers projets d’envergure réalisés en France. La transformation de son Hall 9 d’ici fin 2025 en est la parfaite illustration.
Le Hall 9 accueillera des espaces pour les activités de sensibilisation autour du réemploi pour le grand public et les professionnels, ainsi qu’une déchèterie indoor d’un genre nouveau pour la collecte des déchets occasionnels des habitants.
Ce projet fait partie des huit chantiers pilotes exemplaires du programme Waste2build porté par Toulouse Métropole dans le cadre de l’appel à projet européen LIFE.
Le chantier s’est déroulé en trois phases distinctes : déconstruction sélective du bâtiment qui vient de s’achever fin 2024, récupération des déchets et réemploi des matériaux pour sa reconstruction avec une traçabilité complète.
Un chantier global pour lequel seule la charpente métallique a été conservée. L’éco-organisme agréé Valobat est venu en appui de Sobra, l’un des représentants du groupement d’entreprises locales pour le lot « économie circulaire », sur ces trois phases.
Le choix d’un lot spécifique « économie-circulaire » a été co-construit entre le syndicat mixte Decoset, maître d’ouvrage du programme, la maîtrise d’œuvre Seuil Architecture et les assistants maîtres d’ouvrage Synethic et Una Ingénierie. Il est innovant à double titre : il permet de fournir des matériaux réemployables aux différents titulaires des autres lots, et du début à la fin du chantier ce titulaire est garant de la traçabilité et de la bonne gestion des déchets.
Sept flux de déchets traités, déposés et triés
Pour ce qui est de la gestion des déchets, et dans le cadre de la REP bâtiment, l’éco-organisme Valobat prend en charge les coûts de traitement des déchets sur le chantier, déposés et triés avec soin pour maximiser les taux de recyclage. Sept flux étaient concernés : les inertes, le bois, les métaux, les menuiseries vitrées, le plâtre, les laines minérales et le plastique.
Des big-bags et des bennes étaient installés à proximité de la base de vie pour recueillir ces déchets. En phase déconstruction sélection, entre le 7 octobre et le 13 novembre 2024, environ 23 tonnes de matériaux ont ainsi été récupérées et gérées par Valobat. Seuls 690 kg de Déchets Industriels Banals (DIB) ont été repris, soit au total 97 % de matériaux recyclés.
Environ 32 tonnes de matériaux réemployés
Vient le réemploi des matériaux. Valobat a soutenu financièrement à la tonne le réemploi in-situ sur ce bâtiment ou le sourcing de matériaux sur d’autres chantiers à proximité. Par exemple, 1 600 m² de bardage vont être nettoyés, remis en état avec des tests anti-corrosion réalisés puis repeints pour une réinstallation sur les futures façades du bâtiment.
Les portes métalliques, une partie de la laine de verre, des chemins de câbles, des profils perforés ou encore des robinets d’incendie armés seront également réutilisés, soit environ 32 tonnes de matériaux réemployés. Un sourcing méticuleux pour réduire au maximum les déchets sur ce chantier.
À l’inverse, Sobra et ses partenaires feront appel à des ressources externes, environ 80 types de produits de seconde vie tels que les sanitaires, pour équiper le futur projet.
Quid de la traçabilité des matériaux
Enfin, Valobat a lancé son Appel à Projets « Expérimentation sur chantier », qui vise à soutenir notamment la traçabilité et la déconstruction sélective.
Sobra a répondu positivement avec par exemple la mise en place d’un QR Code pour suivre la vie des matériaux réutilisés via un logiciel gérant tous les flux (chemins de câbles, bardages…).
Jérémy Leduc
Photo de Une : Valobat