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Les investisseurs étranger méfiants vis-à-vis du Liberia

Publié le 11 octobre 2005

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MONROVIA, 9 oct 2005 (AFP) - Peu de personnes doutent du potentiel que le Liberia pourrait tirer de ses ressources naturelles, mais les hommes d'affaires étrangers hésitent à investir dans un pays connu pour sa tradition de corruption et de conflits récurrents.
Naguère une des nations les plus prospères d'Afrique pour sa production de bois, de caoutchouc et de matières premières, le pays est en ruine après plus de quatorze années de guerre civile. Ses productions de bois et de diamants demeurent sous la menace ou le coup de sanctions de l'Onu alors que des rebelles ont pris possession d'une plantation capable de produire du caoutchouc pour un montant annuel de 3 à 6 millions de dollars.

Les vingt-deux candidats à l'élection présidentielle du 11 octobre ont fait de la croissance économique un élément essentiel de leur campagne, en promettant de fournir du travail à une population de 3 millions d'habitants en grande partie illettrée et en majorité âgée de moins de trente ans.

Selon des informations circulant au sein de la communauté patronale, deux candidats, le juriste Varney Sherman, proche de l'administration de transition, et l'homme d'affaires Charles Brumskine, très lié à la diaspora libérienne, sont considérés comme ceux qui peuvent promouvoir le plus efficacement la réhabilitation économique du pays.

Mais quel que soit celui qui accède à la présidence, l'élu devra persuader les investisseurs étrangers de fermer les yeux sur le manque d'eau et d'électricité, le mauvais état du réseau routier, l'état inadéquat du système de télécommunications et le manque de main d'oeuvre qualifiée. "Selon tous les rapports, le Liberia semble être un pays très riche en richesses naturelles, mais il a besoin d'investissements étrangers pour les développer", selon Len Lindstrom, président de la société Liberty Gold and Diamants, qui a signé un contrat d'exploration de 2 millions de dollars en juin 2004. Le néerlandais Mittal Steel, premier groupe sidérurgique mondial, a promis de dépenser quelque 900 millions de dollars pour construire des mines et un port. Il a obtenu le droit d'exploiter des reserves d'envrion 1 milliard de tonnes de minerai de fer, selon un accord ratifié en septembre.

Le géant pétrolier espagnol Repsol a lui signé un accord en janvier avec la Compagnie pétrolière nationale du Liberia, d'un montant de 10 à 15 millions de dollars, pour explorer des blocs pétrolier off-shore près de la Sierra Leone. Un autre accord avec la compagnie australienne Woodside Petroleum, très active en Mauritanie, a aussi été ratifié. Une grande partie du succès potentiel du Liberia dans le domaine économique repose sur un plan anti-corruption, dénommé GEMAP, qui impose une surveillance internationale des fonds étrangers. "Le Liberia est un pays qui a d'énormes ressources naturelles mais une tendance vers le court terme", explique un homme d'affaire libanais dont la famille a gagné, puis perdu, des millions de dollars, en investissant dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

"Le plus grand défi de ce gouvernement sera de changer les termes des accords qu'il passera en regardant vers le long terme, pas en recherchant l'argent facile, et en recherchant ce qui est le plus profitable pour le pays", dit-il.

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