Le British Museum choisit l’architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh

Après neuf mois de compétition et la candidature de plus de 60 équipes, le studio LG-A de Lina Ghotmeh a été retenu à l’unanimité par le jury, pour réaménager une partie du British Museum. L’architecte de 44 ans a séduit les experts par son approche archéologique et son souci du dialogue entre l’histoire et l’architecture contemporaine.
Le projet de transformation du British Museum s'inscrit comme « l’une des plus grandes rénovations culturelles dans le monde », selon le musée londonien.
« Lorsque nous avons emménagé dans notre bâtiment actuel il y a 200 ans, le monde a été impressionné », a déclaré George Osborne, président du British Museum. « Je pense qu'il le sera à nouveau lorsque la transformation de nos grandes galeries sera achevée », a-t-il souligné.
Une transformation au cœur d’un débat historique
Lina Ghotmeh aura la lourde tâche de réinventer les galeries Western Range, qui constituent environ un tiers du musée et regroupent des collections majeures de l’Antiquité grecque, romaine, égyptienne et assyrienne. C’est notamment dans ces salles que sont exposées les célèbres frises du Parthénon, dont la Grèce réclame depuis longtemps la restitution.
Cette question, qui alimente les tensions entre Londres et Athènes, a récemment fait l’objet de discussions qualifiées de « constructives » par le British Museum, évoquant la possibilité d’un « partenariat sur le long terme » avec la Grèce.
Une architecte reconnue
Lina Ghotmeh n’en est pas à son premier projet d’envergure. Son travail se distingue par une approche mêlant mémoire et innovation. En témoignent plusieurs de ses réalisations : la manufacture Hermès en Normandie, inaugurée en 2023, le musée national d’Estonie à Tartu ou encore l’immeuble Stone Garden Housing à Beyrouth, sa ville natale.
Le jury du British Museum a salué sa « profonde compréhension » du musée.
Marie Gérald (avec AFP)
Photo de Une : Adobe Stock